Le festival du cinéma des peuples : lutte des marges et efficacité de l’action culturelle dénudée.

Les éditions du cinéma des peuples d’Imouzzer continuent d’œuvrer pour consacrer une signification sublime de la lutte des marges et de ses gens. Pour ce fait, ce festival a accumulé les initiatives, invité des noms illustres dans le cinéma et dans la critique et publié des œuvres posant des questions brûlantes concernant  des problématiques pertinentes du cinéma marocain et maghrébin : « le moi et de l’autre », «  l’idéologique et l’esthétique », «  le sacré », «  les références culturelles » entre autres.

Cela a été réalisé  grâce à l’implication des membres du bureau du ciné-club qui,  depuis sa création, s’acquittent superbement de leur tâche, à la générosité des amis d’Imouzzer et du ciné-club, au soutien du public et des acteurs locaux, nationaux et  internationaux  qui croient en l’action du ciné-club, à l’appui de quelques acteurs qui ont vu que ce qui se fonde à Immouzzer n’est pas dû à des caprices de quelques individus, mais à une initiative bien ancrée  quant aux enjeux  qu’ils  s’assignent en vue de s’inscrire comme action appartenant avant tout  aux marges  et  aux enfants de la géographie oubliée.

Le festival ne s’appuie nullement sur la propagande ou l’apparat, ni n’est à la solde de quelques rites officiels où l’on s’engouffre à coup de banquets. Il est en revanche dû à un besoin d’une action culturelle différente, originale et efficace dont le souci est de contribuer à mûrir la conscience artistique, d’être au service d’une pratique culturelle chargée de sens et de mettre en valeur la portée significative positive  de la marge et de ses contre projets créateurs.

C’est pour cela que l’on a mis l’accent au cours des éditions du festival sur des noms et des activités particuliers. C’est dans ce but aussi que l’on s’est basé sur  ce que l’on a appelé «  l’action culturelle pauvre »qui  a satisfait nos attentes et  continuera à le faire comme nous l’espérons. Nous avons été réduits à l’action culturelle pauvre non pas pour nous faire remarquer ou par mépris des moyens matériels surabondants, mais à cause de l’injustice des relations sociales et culturelles et des conditions qui excluent la marge et le marginalisé.

L’option de l’action culturelle pauvre est une contrainte et un défi que nous relevons et en nous armant  de notre opiniâtreté, nous l’avons adoptée telle une stratégie pour notre action. Il s’est avéré qu’après des années, le festival a clarifié, par le biais de cette stratégie, son identité et consacré sa ligne  culturelle et artistique, devenant ainsi un rendez-vous incontournable pour son public et ses admirateurs et s’inscrivant dans le registre des marges  dont le festival prône la cause.

Le fait que nous options pour l’action culturelle pauvre ne signifie nullement que nous nous passons des moyens ou de l’aide des acteurs dont le devoir est de le faire, ni que nous dédaignons taper à toutes les portes en vue d’améliorer et de promouvoir notre festival.

Nous tenons à rappeler que même avec des moyens abondants, nous ne changerons point nos convictions et nous ne serons jamais tentés par la nullité et le faste. Face au mépris et à l’indifférence qui pourraient se dresser en travers de notre parcours, nous réitérons notre attachement à notre idéal qui est notre enjeu pour aller de l’avant. L’abnégation dont font preuve ceux qui croient en notre projet demeure notre carburant pour persévérer.

En un mot, l’essentiel pour nous est de ne pas changer de peau. Nous continuons, en effet, de lutter  pour mettre en échec tout ce qui pourrait entraver notre projet.

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